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Titre de Périodique: 
Année: 
1776
Lieu d'édition: 
Avignon
Notes: 

20 décembre 1776 (n°102, p. 412) : « M. Jean-Jacques Rousseau est mort des suites de sa chute. Il a vécu pauvre, il est mort misérablement; et la singularité de sa destinée l'a accompagné jusqu'au tombeau. Nous sommes fâchés de ne pouvoir parler des talents de cet écrivain éloquent; nos lecteurs doivent sentir que l'abus qu'il en a fait nous impose ici le plus rigoureux silence. Il y a tout lieu de croire que le public ne sera pas privé de sa vie, et qu'on y trouvera jusqu'au nom du chien qui l'a tué. »
Dans une lettre à Florian du 26 décembre 1776, Voltaire renchérit : « Jean-Jacques a très bien fait de mourir. On prétend qu’il n’est pas vrai que ce soit un chien qui l’ait tué ; il était guéri des blessures que son camarade le chien lui avait faites ; mais on dit que le 12è décembre il s’avisa de faire l’Escalade dans Paris avec un vieux Genevois nommé Romilly ; il mangea comme un diable, et s’étant donné une indigestion, il mourut comme un chien. C’est peu de chose qu’un philosophe. »
Démenti dans le Courrier n°105 du 31 décembre 1776, p. 424.
Autres fausses annonces du même genre : celle du poète Pierre Charles Roy dans la Correspondance de Grimm en décembre 1763. Voir aussi l'anecdote de Piron recevant la fausse nouvelle de la mort de Voltaire, in Galerie de l'ancienne cour, 1786 (III, p. 293) ; la lettre de Voltaire à d'Alembert du 25 mars 1758 : "Vous m'apprenez que je suis mort, Je le crois, et j'en suis bien aise" ; les "Vers de M. de Voltaire à M. le prince de Ligne, au sujet du faux bruit de sa mort, annoncée dans la Gazette de Bruxelles" (Correspondance littéraire de Grimm, avril 1778);  et la fameuse phrase de Mark Twain : "The report of my death was an  exaggeration".